Arrêt définitif de Doel 1 et Doel 2

Le 30 novembre 2025, Doel 2 a été définitivement déconnectée du réseau électrique, après 50 années de production. Doel 2 est le cinquième réacteur nucléaire belge destiné à la production industrielle d’électricité dans notre pays à être mis à l’arrêt définitivement. Le vendredi 14 février 2025, Electrabel a définitivement arrêté le réacteur nucléaire Doel 1 et l’a déconnecté du réseau haute tension.

Le 30 novembre 2025, Doel 2 a été définitivement déconnectée du réseau électrique, après 50 années de production. Doel 2 est le cinquième réacteur nucléaire belge destiné à la production industrielle d’électricité dans notre pays à être définitivement mis hors service.

Le vendredi 14 février 2025, après 50 ans de production d'électricité, Electrabel a arrêté définitivement le réacteur nucléaire Doel 1 et l'a déconnecté du réseau à haute tension. Doel 1 était le troisième réacteur nucléaire belge à être définitivement mis hors service, après Doel 3 en 2022 et Tihange 2 en 2023. 

50 ans de Doel 1 en chiffres

445 mégawatts de puissance
15 124 jours de production d'électricité
148 milliards de kilowattheures produits
Plus de 120 000 équipements à démanteler pour Doel 1 et 2

50 ans de Doel 2 en chiffres

445 mégawatts de puissance
14 982 jours de production d'électricité
149 milliards de kilowattheures produits
Plus de 120 000 équipements à démanteler pour Doel 1 et 2

Comment tout a commencé

L'histoire de la production industrielle d'électricité par l'énergie nucléaire en Belgique – commence au milieu des années 1960, lorsque les entreprises énergétiques Ebes et Intercom entament des études préparatoires pour la construction de deux centrales nucléaires, l'une sur la rive de l'Escaut à Doel et l'autre sur la rive de la Meuse à Tihange.

Fin 1968, ils passent commande des réacteurs nucléaires Doel 1 et 2, chacun d'une puissance de 392,5 MW. Les entreprises belges ACEC et Cockerill collaborent avec l'américain Westinghouse pour la conception et la construction de ceux-ci.

En été 1969, le chantier est ouvert sur un terrain surélevé dans le polder de Doel, sur la rive gauche de l’Escaut. Avec 1 million de mètres cubes de sable provenant du fond de la rivière, le terrain est rehaussé jusqu’à 9 mètres au-dessus du niveau de la mer.

En 1971, la construction du bâtiment réacteur de Doel 2 bat son plein. Sur le site s’élève une structure sphérique de 46 mètres de diamètre et de 1 500 tonnes, qui abritera le réacteur et le circuit primaire de refroidissement. Sont également en construction : la salle des machines, la prise d’eau, le bâtiment des services mécaniques et quelques bâtiments administratifs et techniques que l’unité partagera avec sa « jumelle » Doel 1.

En 1972, les cuves des réacteurs Doel 1 et Doel 2 arrivent sur le chantier, suivies des générateurs de vapeur, des diesels de secours, de l’alternateur et des turbines à vapeur.

Début de la construction Doel 1 et Doel 2
Doel 1 - Enveloppe en acier résistant à la pression du réacteur et du circuit primaire

Le 18 juin 1974, le réacteur de Doel 1 atteint pour la première fois la criticité, c'est-à-dire une réaction en chaîne nucléaire stable, où chaque fission libère un neutron qui à son tour fissionne un autre noyau. Doel 2 suit le 4 août 1974.

Doel 1 - november 1974
Doel 1 - novembre 1974

 

Le 15 février 1975, la production industrielle d’électricité démarre officiellement à Doel 1 ; sa « jumelle » Doel 2 suit à l’automne.

Le 8 juillet 1993, Doel 1 et 2 passent le cap des 100 milliard de kilowattheures d'électricité produite.

En 1996, l’alternateur de Doel 2 est équipé d’un nouveau rotor.

En 2004, Electrabel remplace les 2 générateurs de vapeur de Doel 2 par de nouveaux exemplaires. Le remplacement s’effectue via de grandes ouvertures à travers les couches d’acier et de béton de la coupole du bâtiment réacteur.

Un prolongation de 10 ans

En février 2007, le compteur de Doel 1 atteint le cap des 100 milliards de kilowattheures d'électricité produite. Fort de ces bonnes performances, Electrabel commence en 2009 à préparer un dossier pour une prolongation d'exploitation de la centrale après son quarantième anniversaire en 2015. La loi sur la sortie du nucléaire stipule depuis début 2003 que Doel 1 doit cesser définitivement de produire de l'électricité à cet anniversaire, mais la direction de l'entreprise a convenu avec le gouvernement Van Rompuy que cette date de cessation obligatoire serait reportée de dix ans. La même année, Electrabel remplace également les 2 générateurs de vapeur de Doel 1 – un exploit technique qui nécessite, entre autres, de créer une ouverture (et de la refermer hermétiquement ensuite) dans le toit du bâtiment réacteur à double paroi.

En 2012, l'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN) approuve le dossier de prolongation après une évaluation approfondie. Peu de temps après, le gouvernement Di Rupo décide cependant que Doel 1 et 2 doivent tout de même fermer définitivement en 2015. Les plans d'action pour la prolongation sont mis de côté; à la place, Electrabel commence dès lors à préparer l'arrêt définitif et le démantèlement.

Fin 2014, un nouveau rebondissement se produit : le nouveau gouvernement Michel inclut dans son accord de gouvernement une prolongation d'exploitation de Doel 1 et 2, afin d'assurer l'approvisionnement énergétique du pays. Cependant, il faut du temps pour modifier la loi sur la sortie du nucléaire, donc le 15 février 2015 – exactement au 40e anniversaire de Doel 1 – le réacteur est arrêté et la centrale est déconnectée du réseau haute tension.

Stop Doel 1 - 15 februari 2015
Stop Doel 1 - 15 février 2015

Mi-2015, le parlement fédéral approuve la modification de la loi sur la sortie du nucléaire : Doel 1 et son « jumeau » Doel 2 peuvent rester en service jusqu'à leur 50e anniversaire en 2025. Entre-temps, Electrabel a mis à jour et soumis à nouveau à l'AFCN le dossier de prolongation préparé précédemment pour Doel 1 et 2 – qui avait dû être « mis au frigo » en 2012. À l'automne 2015, l'AFCN et son Conseil Scientifique approuvent ce dossier et le plan d'action associé. Le plan d'action prévoit une répartition des ajustements et des mises à niveau nécessaires des installations sur plusieurs années ; il faut en effet du temps pour recruter à nouveau du personnel, commander de nouveaux combustibles et pièces de rechange et attirer des fournisseurs spécialisés. Certaines actions prioritaires sont encore réalisées en 2015, avant la reprise, mais le véritable point culminant se situe lors de deux longues révisions durant les étés 2018 et 2019. Après l'achèvement réussi du plan d'action, Electrabel soumet son rapport final à l'AFCN au printemps 2020.

En 2020 et 2022, l'AFCN a élargi l'arrêté royal existant sur les prescriptions de sécurité pour les installations nucléaires avec une série de nouvelles exigences, applicables à toutes les centrales nucléaires qui font l’objet d’une future prolongation d'exploitation. Les unités les plus anciennes - Doel 1 et 2 et Tihange 1 - ne répondent pas à ces nouvelles normes.   

La suite

Le cycle de vie d’une centrale nucléaire s’étend de la première pelletée de terre jusqu’au moment où le site est à nouveau libéré pour d’autres activités. Pour Doel 1 et 2, cela représente une période d’environ 70 ans.